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SHAMPOOINGS
ET BROSSAGES MINUTIEUX
Le
Skye terrier est, par sa longueur de poil, un terrier à part.
Et pourtant, certainement le plus facile à entretenir. En
effet, pas besoin de trimmer, d’épiler, de couper, de
talquer pour blanchir, bref… pas besoin d’artifices pour
entretenir M. Skye, juste un peu d’huile de coude et… beaucoup
d’amour !
Rigueur
et soins sont nécessaires pour donner à votre Skye ce
look extraordinaire à la fourrure opulente. Cette fourrure
tant enviée et admirée par le public. Ah ! s’il
savait… combien il peut être facile, sans trop de contrainte
et en respectant seulement quelques règles élémentaires,
d’arriver à ce résultat !
Une
règle d’alchimie : 50% de génétique, 25%
de soins et 25% d’amour (oui de l’amour car le Skye terrier
malheureux se mange le poil).
UN
BEAU POIL COMME PAPA !
Il
faut savoir, avant tout, que tout est une question de génétique :
une lignée sans poil ne vous donnera pas, sauf cas rare, un
chien à fourrure. Votre animal arrivera, tout au plus, à
avoir un poil mi-corps, plus ou moins fragile, manquant d’épaisseur
et de solidité. Les franges des oreilles, si belles, suivent
exactement cet adage. Des parents aux maigres franges ne donneront
jamais de bébés à belles « soies »
(comme tous les passionnés les nomment dans le jargon « Skye »
car le poil des oreilles ressemble à de la soie). C’est vrai
aussi pour la robe. En règle générale, un Skye
terrier, qui n’a pas de robe au sol à trois ans, ne l’aura
jamais.
Il
est facile de voir à la racine la qualité de la future
robe. Si celle ci est forte et bien fournie, votre chiot possèdera
un beau manteau plus tard. Si, au contraire, le poil est fin, mou,
épars, alors lui faire avoir un beau manteau relèvera
de l’exploit ! Attention, plus un chiot met de temps à
avoir le poil au sol –je dis bien le chiot, et non l’adulte-,
plus la robe sera belle. A condition, toutefois que le poil soit
épais. Plus il sera au sol rapidement –j’entends
« rapidement » : vers l’âge de
douze mois-, plus vous aurez une robe filamenteuse qui traversera
indubitablement un moment ingrat vers l’âge de deux ans.
Alors oui, c’est spectaculaire d’avoir un chien de douze mois
robe au sol mais méfiez vous du revers de la médaille !
Il vous faudra certainement sacrifier une dizaine de centimètres
de celle ci, devenue fine et inconsistante, pour retrouver une belle
toison. Personnellement, je coupe les pointes des poils de mes
chiots, chaque mois, j’obtiens ainsi des robes plus épaisses
et plus opulentes.
LE
NOIR LUI VA SI BIEN
Un
autre détail qui peut affoler le novice, c’est la couleur.
Toutes les couleurs sont admises, à la condition sine qua none
que les oreilles et, si possible, le museau et le bout de la queue
soient noirs. Les Skyes tout noirs existent et, bien qu’ils soient
rares, ce n’est absolument pas un défaut et ce n’est pas
non plus « juste acceptable », comme je l’ai
lu avec effroi dans un vieil article. Au contraire, un beau sujet
noir, bien pigmenté, sera très apprécié
par les connaisseurs. La robe sera belle et uniforme seulement vers
l’âge de trois ans. Surtout chez les Skyes blonds qui passent
par des dégradés de couleurs, plus ou moins jolis,
allant du roux au jaune, mais qui disparaîtront, eux aussi,
vers dix huit mois. Pour les cas d’adoption de chiens adultes, que
l’on n’a pas ou peu entretenus et à condition qu’ils
possèdent une génétique dite « à
poil », sachez qu’il faudra un an maximum pour leur
redonner une robe au sol. En fait, le Skye terrier a le même
poil que la plupart des chiens à robe longue et mue deux fois
par an. Vous ne trouverez pas vraiment de poils par terre et c’est
là que réside toute la difficulté. Le poil mort
va, en effet s’enchevêtrer avec le reste de la robe et
former, si vous n’êtes pas vraiment soigneux, bourre et
tapons. Si tel est le cas, pas de panique et surtout pas de
tondeuse !
DE
MECHES A MECHES
Séparez
la robe en différentes mèches et commencez à
travailler doucement et méthodiquement chacune d’elles, en
plaquant votre main sur la racine, pour ne pas faire mal au chien,
puis doucement tirez avec un peigne de façon à extraire
les poils morts qui vont glisser le long des vivants. Pour les nœuds
les plus rebelles, il conviendra entre vos pouces, d’écarter
doucement le tapon afin de « déchirer »
ce poil mort et de finir au peigne.
Il
ne faut pas, contrairement aux autres chiens à poils longs,
laisser le Skye terrier huiler trop longtemps sans le laver. On
s’astreindra, dans ce cas-là, à le shampooiner toutes
les semaines. Seul un poil propre pousse vite. Un poil sale gratte,
démange et sent mauvais. Plus le Skye sera habitué à
être brossé et lavé jeune, plus il sera docile.
Pour le brossage (action aussi appelées « pansage »),
plus il est fréquent, plus l’action de la brosse active la
circulation sanguine au niveau cutané, favorisant le
développement des follicules pileux et donc la pousse du poil.
Il est nécessaire de se procurer un shampooing protéiné
de bonne qualité, surtout adapté au PH de la peau du
chien ; ne jamais laver un chien avec un shampooing pour humains
(ni même avec un shampooing doux pour bébés) car
notre peau et la leur n’ont pas le même PH, c’est à
dire la même acidité. Le chien possède une peau
moins acide que la notre, et vous risquez de générer un
eczéma. Et alors là, adieu la belle robe et les
concours ; il faudra un an au moins pour récupérer
un beau poil. La peau du chien est moins épaisse que celle de
l’homme et possède beaucoup plus de poils, elle est donc,
plus fragile.
CHIENS
DE CONCOURS
Si
votre Skye terrier fait des concours, l’entretien sera plus
contraignant. Chaque semaine, l’animal sera démêlé
à fond. On ne le brossera jamais à sec, on s’aidera
d’un pulvérisateur rempli d’eau distillée. On le
couchera sur le coté gauche, on vaporisera légèrement
de façon à humidifier le poil et on démêlera
la robe en commençant par le dessous et en brossant toujours à
rebrousse poils. On agira avec beaucoup de douceur, en tenant les
mèches une par une (mèches levées), afin de ne
pas trop tirer sur les racines, ce qui casse le poil et irrite la
peau. On ne coiffera jamais les pointes, la brosse devra sortir de la
fourrure avant d’y arriver pour éviter qu’elles ne
deviennent fourchues. On insistera sur les régions de l’entre
jambes et derrière les oreilles. Les poils, à ces
endroits, étant très fragiles. On se contentera
d’effleurer les soies des oreilles, les franges étant
extrêmement fragiles. Une fois, le coté gauche effectué,
on procèdera de la même façon avec le coté
droit. Ensuite, on coupera les ongles, car des ongles trop longs ont
tendance à faire tourner les pieds et donner l’illusion d’un
chien panard. On coupera également les poils entre les
coussinets, ceux ci devant être toujours en contact étroit
avec le sol. On brossera les poils des pieds de façon à
pouvoir couper, aussi régulièrement que possible, en
arrondi. Le pied doit sembler parfaitement rond car, dans les cas
contraire, il pourrait, à tort, paraître panard.
Attention ! Il vous faudra apprendre à séparer les
poils des pieds de ceux de couverture, auxquels on ne touche qu’une
fois le chien debout. Il est très important de la faire avant
le lavage car les poils sont moins fous. On remettra le chien sur ses
pattes afin d’égaliser la robe. Pour se faire, il sera plus
facile de mettre l’animal au bord d’une table et de couper tout
ce qui dépasse. On fera la même chose que pour le tour
des pattes, cette fois-ci en égalisant le poil de couverture,
seulement par rapport à la longueur de la robe. En ce qui
concerne la tête, on coiffera les poils de la barbiche, qu’on
égalisera ensuite. Attention ! Ces deux dernières
opérations se font avec beaucoup de doigté et en infime
quantité. Même opération au niveau de l’arrière
train, pour que l’animal ai l’air plus svelte et au niveau de
l’encolure pour en accentuer la longueur. Ensuite, on pourra passer
au lavage.
AU
BAIN !
Il
conviendra de faire un shampooing au moins tous les quinze jours pour
débarrasser l’animal de la poussière qui s’accumule
dans sa robe, qui obstrue les pores de la peau et empêche donc
le bon fonctionnement du follicule pileux, ainsi que pour pallier le
ravage de la pollution des villes. Il faudra être très
soigneux au rinçage. Le shampooing mal rincé continue à
agir sur la peau et provoque des eczémas dramatiques.
L’application d’un après shampooing destiné aux
poils longs est indispensable car il a pour effet de gainer la
fourrure et d’éviter l’apparition des nœuds. En
entretien, on pourra se permettre, contrairement au shampooing, de ne
pas rincer à fond l’après shampooing, constituant
ainsi un gainage plus important. On évitera de mettre un
produit plus ou moins agressif et de faire couler de l’eau dans les
oreilles et dans les yeux. On finira la toilette, en tamponnant le
chien avec une serviette éponge douce. Surtout ne pas le
frotter car on casserait la fibre capillaire ! Un dernier petit geste
indispensable : passer très doucement un coton dans le
conduit auditif, de façon à extraire l’eau qui
pourrait générer une otite. On laissera le chien sécher
naturellement de façon à ne pas agresser inutilement la
fourrure avec la chaleur d’un séchoir. Attention : il
conviendra de garder votre animal au chaud jusqu’à ce qu’il
soit absolument sec.
LA
VEILLE D’UN CONCOURS
On
fera de très légères retouches aux longueurs des
poils. De très légères retouches, car une coupe
vieille de quinze jours paraît plus naturelle. Pour le
shampooing, on utilisera un produit pour poils durs qui plombera et
respectera la texture présumé d’un terrier (ce
shampooing n’est pas bon pour l’entretien car il a pour effet de
dessécher le poil), on fera ensuite un après shampooing
que l’on rincera cette fois à fond ; le chien, sinon,
pourrait paraître plus ou moins gras. On tamponnera le chien
avec une serviette et on l’installera sur la table de toilettage,
couché sur le coté pour le brushing, à l’aide
d’un séchoir à chaleur douce. On coiffera le chien,
zones par zones, à rebrousse poils. Il conviendra d’accorder
un soin particulier au séchage des pattes, car, si elles
restaient humides, elles pourraient prendre un mauvais pli qui
gênerait le beau tombant final de la robe.
Le
jour de l’exposition, on tracera une belle raie au milieu. A
noter : cette ligne se fera automatiquement, il faudra juste la
discipliner légèrement. Cette raie doit partir du bout
du nez au bout de la queue. On pourra également laquer.
Le
lendemain de l’exposition, on lavera à nouveau le chien en
appliquant une crème de soin nutritive. La laque ayant des
effets très néfastes sur la fourrure. Il faut savoir,
bien évidemment, que plus on lave un Skye terrier, plus on
permet au poil de pousser mais, en revanche, on en change très
sensiblement la texture : le poil devient alors plus soyeux et
par conséquent plus fragile. Ce poil « dénaturé »
s’emmêlera deux fois plus vite que sur un chien lavé
moins souvent.
Pour
le veinard qui ne sera pas destiné aux expositions de beauté,
on pourra se contenter d’appliquer la procédure dite
« d’entretien » et, ce, au moins une fois par
mois. Un peu plus pour le chien des villes.
Il
n’est pas réellement indispensable (même si cela est
préférable pour la bonne santé du poil) de
coiffer le chien de particulier toutes les semaines, une fois tous
les quinze jours suffira car normalement et, contrairement à
ce que l’on pourrait penser, sauf lavages fréquents, le poil
du Skye ne s’emmêle pas. C’est un poil de chèvre
donc, très dur ou plus ou moins rêche… excepté
bien sûr, pendant les courtes périodes de mue, où
la vigilance sera de rigueur.
Un
dernier point essentiel dans le bon entretien de votre animal est la
lutte contre les puces qui devra être parfaite. Attention !
Le Skye est allergique aux piqûres de puces qui causent chez
lui des dépilations impressionnantes et ravageuses.
Je
conseillerai aux anglicistes avertis de se procurer le livre de Sine
THRELFALL (affixe ACHEO) « The world of dogs : Skye
Terrier », aux éditions Kingdom, P.O. BOX 15,
WATERLOOVILLE, PO7 6Bq, ENGLAND (environs £16.90), véritable
livre de chevet des amoureux du Skye terrier !




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