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FINNSKY Whimsy

Whimzy :
1995-1998
Morte
d'avoir trop souffert...
Lorsque
j'ai rencontré Whimzy pour la première fois, elle
devait avoir à peu près dix mois. C'était déjà
une très belle chienne. Elle était noire, longue, très
basse sur pattes et avait une encolure et une ligne de dos superbe.
Elle dégageait ce quelque chose qui vous laissait bouche bée
quand vous la regardiez. Elle avait une aura incroyable. C'était
à l'exposition de Portugalette, en Espagne. Le ring était
en plein air et le sol était d'herbe. Elle semblait glisser
majestueusement sur le sol telle une princesse. Je ne l'ai jamais
revue en exposition mais elle m'avait impressionnée et je
gardais en mon souvenir l'image d'une superbe chienne comme je les
aimais.
Un
jour, nous avons reçu un appel d’Espagne. Son maître
"bazardait" ses Skyes car ils n’étaient pas assez
« rentables » et me proposait deux femelles,
Whimzy et sa fille, Théa. Nous sommes descendus avec mon mari,
car ce dernier me seconde dans tout ce que je fais et c'est un
soutien précieux. Lorsque nous sommes arrivés, le
maître était là, avec le même camping-car
dans lequel il m'avait amené Junior, quelques années
auparavant. Il nous a montré les deux chiennes… j'ai éprouvé
le besoin de m'asseoir, la boule que j'avais dans la gorge
m'empêchait de sortir le moindre mot. J'étais estomaquée
par le triste spectacle qui s'offrait à moi. Deux chiennes
chétives, tristes et sauvages : Théa, peut-être
moins peureuse que sa mère. Leur poil ne formait qu'une
carapace alors qu’elles avaient été rasées peu
de temps auparavant. Je n'ai pas pu toucher Whimzy, mais en souvenir
de la superbe chienne que j'avais vue l'année d'avant, mon
coeur m'a guidée. J'avais déjà gagné des
combats plus durs que celui-ci et je la sauverais, la belle
finlandaise. Ce que je ne savais pas c'est que la vie ne m'en
laisserait pas le temps et que le compte à rebours avait déjà
commencé. Je n'ai pas pris Théa car j'ai eu peur de
repartir avec deux chiennes dans cet état-là et je
pense que ça aussi, je me le reprocherai jusqu'à la fin
de mes jours : elle est morte trois mois après. Elle
avait été adoptée par un homme, celui-là
même chez qui j'ai sauvé Viceroy plus tard ; puis,
il l’a ramenée chez le premier maître car elle était
trop maigre et au bout du rouleau. Il l'a « jetée »
une deuxième fois… j'en ai froid dans le dos… Pour la
première fois, j'ai vu de l'angoisse dans les yeux de mon
mari. Sa femme était-elle devenue folle ? La petite lumière
qui brille dans tous les yeux des chiens heureux ne brillait plus
dans les yeux de Whimzy et je ne l'ai jamais vu se rallumer. Ma
pauvre chienne, elle survivait et je ne le savais pas. Je l'ai portée
à bout de bras. Chaque jour était pire que le précédent
mais l'amour m'aveuglait. On a tout essayé. Les explorations
sous radios, les échographies, les médicaments, des
tonnes de vitamines... Rien, rien, rien... Nous n'arrivions à
rien... Je n'oublierai jamais ce soir où, pour la énième
fois, je tentais de lui faire absorber de la nourriture. Après
quelques bouchées, tout est revenu ; je crois que je
touchais le fond, je me suis mise à pleurer et à hurler
de désespoir. Mon mari me regardait avec de la pitié
dans les yeux. Il ne m'a jamais entravée dans ma démarche
pour sauver Whimzy, il m'a accompagnée tous les jours chez le
vétérinaire, m'a soutenue... mais ce soir là, il
m'a murmuré "c'est fini, Nath. Le combat est perdu, ta
chienne n'a plus envie de vivre, regarde-là et accepte-le".
J'ai regardé Whimzy, elle était là, la tête
baissée et j'ai eu l'immense tristesse et douleur de constater
que c'était lui qui avait raison. Ma chienne était déjà
partie, elle subissait mes efforts mais c'était déjà
trop tard. Je l'ai remise sur son tapis et me suis promis que je ne
tenterais plus quoi que ce soit, que je la laisserais partir en
paix... Le lendemain pourtant, je l'ai prise sous le bras et je suis
retournée chez le vétérinaire. Elle avait trois
ans, elle ne pouvait pas partir comme ça, il fallait trouver
la solution. Le vétérinaire lui aussi savait… mais il
lui a quand même fait une prise de sang. Les résultats
étaient dramatiques. Les reins se bloquaient, la créatinine
et l'urée était à un taux extravagant. La radio
montrant un cliché de rate dystrophiée, il a pensé
que cela pouvait venir d'un cancer de la rate. J'ai laissé
Whimzy chez lui. Je la reverrai toujours : elle était
belle, tellement belle... dans ses bras avec son chouchou rose sur la
tête. Je lui avais mis un chouchou dés le départ
car, je voulais voir le moment exact où la petite lumière
se rallumerait dans ses yeux, mais je ne l'ai jamais vue... Le
vétérinaire lui a enlevé la rate et l'un des
taux d'analyse est redescendu. Si elle urinait, elle était
sauvée. J'y ai vraiment cru. Ma Whimzy allait guérir,
revenir à la maison... Le lendemain, la secrétaire m'a
appelée en me disant qu'elle me passait le vétérinaire.
J'ai compris... Je suis tombée à genoux et j'ai hurlé
de désespoir comme jamais je ne l'avais fait. Mon coeur était
à vif, j'avais mal, tellement mal... Je ne l'ai jamais
revue... Ce matin là, comble d'ironie, je prenais la route
pour le championnat d'Espagne. J'ai téléphoné à
son ancien maître ; j'ai été très
dure, je pleurais. Je me rappelle que la seule chose qu'il ait
marmonné c’est "pas de scandale à l'expo, s'il
te plait". J'ai appelé Théa, sa productrice, et
nous avons pleuré ensemble. Je me demande toujours si elle
avait pleuré pour sa "fille" ou de m’entendre
pleurer. J'ai fait la route dans un état lamentable. Je crois
que j'ai énormément souffert de cette histoire qui n'a
pourtant duré que trois mois... J'ai décidé, à
ce moment là, de monter RESCUE SKYE, en souvenir de ma
chienne Whimzy, pour que plus jamais des Skyes terriers ne
meurent dans ces conditions là... A la maison, Whimzy est
toujours un peu là, elle vit à travers sa fille,
Finland, ses trois petites-filles, Tina, Promise et Joey, son
petit-fils, Thunderbolt, ses deux arrière-petites-filles, Théa
et Chocolate, et son arrière-petit-fils, Veni Vidi Vici...
C'est bien longtemps après, en lisant des livres sur les
maladies et leurs symptômes que j'ai compris de quoi elle était
partie. La LEISHMANIOSE. Mais oui, bien sûr, ses problèmes
de peau, ses grands ongles, sa rate dystrophiée (la phase
terminale de la maladie)… Mon vétérinaire n'a pu
qu'acquiescer. Et si on l'avait su avant ? Oh ! C'est incurable,
un peu comme la maladie du siècle chez les humains. On peut
endormir la maladie sans jamais pouvoir vraiment la guérir.
Une saloperie... Ce que je retiendrai de cette aventure douloureuse ?
Le souvenir d'une chienne ex-tra-or-di-nai-re qui, malgré la
souffrance, n'a jamais montré le moindre signe de faiblesse,
qui est toujours restée la chienne fière et belle que
j'avais rencontrée sur ce ring de Portugalette, cet été
là...
Déjà
9 ans et toujours
dans nos coeurs....

(pedigree
sur demande)



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